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De Pontivy à Napoléonville...

Entre 1804 et 1870, la ville de Pontivy aura changé six fois de nom, au gré des changements politiques nationaux. Tour à tour Pontivy ou Napoléonville, tout a commencé par la volonté de Napoléon Bonaparte...

L'Hôtel de ville et la sous-préfecture de Pontivy, place Aristide Briand, au sud de la vieille ville.

À l'aube du tout nouveau XIXe siècle, le Morbihan sort tout juste de dix ans de troubles civils entre chouans et républicains. Pendant la révolution, Pontivy fait figure d'îlot républicain. En 1790, 150 000 gardes nationaux venus de tout l'Ouest y ont prêté serment à la loi et à la nouvelle constitution, jurant d'être Français avant d'être Bretons.

Le nom de la ville ? Tout un roman !

En 1802, Nopoléon Bonaparte, alors Premier consul, remarque la cité morbihannaise de 3 000 âmes. Il décide de construire une ville nouvelle, pour en faire un "grand centre de commerce dans la paix"... et un centre militaire en temps de guerre, entrepôt pour l'approvisionnement de la marine. Le but avoué de la démarche, qui sera aussi entreprise à La Roche-sur-Yon en Vendée, est de "pacifier et civiliser" la région.

Bonaparte ne fait pas dans la demi-mesure. Il fait établir les plans d'une ville nouvelle au sud de la cité ancienne, et décide de faire canaliser le Blavet jusqu'à Hennebont. En plus des bâtiments militaires, des édifices civils sont prévus : un lycée de 150 élèves, une sous-préfecture, un tribunal, un théâtre et de larges artères pavées seront construits. Le 9 novembre 1804, Bonaparte devenu Napoléon 1er, débaptise Pontivy par arrêté. Il faudra désormais parler de Napoléonville.

Dix ans plus tard, Napoléon abdique, les Bourbons sont de retour au pouvoir. Napoléonville renonce alors à son encombrante appellation et redevient Pontivy. Le 1er mai 1814, la municipalité sollicite même auprès du roi Louis XVIII l'honneur de s'appeler "Bourbonville", mais la démarche n'aboutira pas. Le 1er mars de l'année suivante, Napoléon s'échappe de l'île d'Elbe et revient en France : c'est le début des Cent jours. Une semaine après, Pontivy reprend son nom de Napoléonville.

L'épisode napoléonien ne dure pas : après la défaite de Waterloo et la deuxième abdication de l'empereur, revoilà Pontivy en juillet 1815. Pontivy elle restera, jusqu'en 1852. Le Président de la République Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, autorise la ville à reprendre le nom de son glorieux ancêtre. Ce sera donc Napoléonville... du moins jusqu'à la chute de Second Empire, en 1870.
Depuis, c'est bien à Pontivy que l'on peut aujourd'hui admirer l'architecture impériale de Napoléonville.

Au sud de la vieille ville, Napoléonville s'articule autour de la place Aristide Briand, où l'on trouve le Palais de justice...
Les monuments napoléoniens de la ville : l'église Saint-Joseph dans le square Langlier.
En plus des bâtiments militaires, des édifices civils comme le théâtre sont construits.
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