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LEE BAE au musée des Beaux-arts de Vannes

Tourisme Expos 

En partenariat avec le Domaine de Kerguéhennec, le musée des Beaux-arts de Vannes présente un ensemble de sculptures de bois brûlé et de peintures créés par LEE BAE spécifiquement pour le lieu.

LEE BAE

Largement reconnu en Corée, cet artiste aujourd’hui âgé de 59 ans a présenté ses œuvres dans de très nombreuses expositions internationales. Il déploie son travail à travers de multiples supports et matériaux, parmi lesquels la peinture à l’huile sur toile, les agrafes sur toile et surtout le charbon, qu’il aborde sous différentes formes. LEE BAE s'inscrit dans la jeune génération du mouvement monochrome Dansaekhwa, apparu à la fin des années cinquante, et qui se fonde sur un rapport harmonieux de l'homme avec la nature et sur un engagement du corps dans l'acte créatif.

De la matière première aux œuvres d’arts

La notion d’énergie est essentielle dans ses créations : l’énergie du geste pictural mais également celle contenue dans les matériaux, notamment le charbon, qui tient une place de premier plan dans son œuvre. De cette matière « née du feu et qui sert à le rallumer », comme il le souligne, LEE BAE explore les propriétés plastiques autant que la symbolique, très présente dans les cultures asiatiques.

L’artiste raconte que ce medium fut d’abord choisi par défaut. Fraîchement arrivé en France, il n’avait pas les moyens de se procurer les fournitures souhaitées et se tourna alors vers cette matière à la fois organique et transformée par l’homme. « J’aurais pu travailler avec du plâtre ou du métal. Mais le charbon de bois était lié à ma propre culture et à ce moment-là, j’avais besoin de garder un lien fort avec mes propres origines. J’étais parti de Corée pour quitter mes racines, mais arrivé ici, je me sentais étranger, très loin de chez moi, et le charbon de bois me permettait de retrouver l’univers de l’encre de Chine, de la calligraphie, l’ambiance de la construction des maisons que j’avais connue enfant. Dans la tradition coréenne, en effet, lorsqu’on creuse les fondations, le charbon de bois est la première chose qu’on dispose. De même lorsqu’un enfant naît, on le signale à la porte en accrochant du charbon de bois à une corde. Donc ce charbon de bois, symboliquement fort, m’était familier. Il m’a permis de replonger dans ma propre culture »
(Entretien avec Henri-François Debailleux, 2011).1

LEE BAE utilise ce matériau dans des œuvres en deux et trois dimensions. À l’état de poudre, le charbon offre d’incomparables qualités de noirs, d’ailleurs exploitées pour la fabrication de l’encre de Chine. Dans les œuvres qu’il réalise dans les années quatre-vingt-dix, LEE BAE étale le noir de charbon en de larges aplats, laissant apparaître des corps, par fragments. La dimension sculpturale de ce matériau s’affirme quelques années plus tard, dans ses œuvres du début des années 2000, avec des installations impliquant des « paquets » charbon étroitement serrés par des élastiques noirs, que l’artiste présente simplement posés au sol. Ce sont des œuvres de cette série, spécifiquement créées pour les trois immenses nefs de la Cohue de Vannes, que LEE BAE présente du 23 avril au 6 novembre.

1 Extrait de « Entretien », par Henri-François Debailleux, catalogue d’exposition, LEE BAE, Musée d’art moderne de Saint-Etienne, 2011

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