Institution

Journée internationale des sages-femmes

En ce 5 mai 2026, journée internationale des sages-femmes, il paraît opportun de se pencher sur l’histoire assez méconnue de cette profession dans le Morbihan.

Bien que le terme «sage-femme» soit utilisé depuis plusieurs siècles, cette activité n’est reconnue comme une profession à part entière et véritablement encadrée que par la loi du 19 ventôse an XI (10 mars 1803). Jusqu’après la Révolution française, c’est donc davantage les usages et les traditions locales qui encadrent le métier de sage-femme même si une lente évolution débute au cours du 18e siècle et l’influence des Lumières avec l’arrivée de sessions périodiques de formation notamment à Vannes dispensées par des maîtres chirurgiens. Durant cette période, les postulantes doivent également obtenir une autorisation d’exercice délivrée par les juridictions royales après le passage d’un examen auprès du corps des chirurgiens.

Dans les faits, les sages-femmes sont trop peu nombreuses et pas assez formées ni expérimentées dans le domaine de la maïeutique. C’est un constat qui peut s’appliquer à l’ensemble de la France et cette problématique devient une véritable cause nationale pour les gouvernements, souhaitant réduire la mortalité infantile et la survenance des complications liées à l’accouchement. C’est ainsi qu’est créé en l’an X un cours d’accouchement à l’Hospice de la Maternité de Paris qui peut accueillir des élèves de tous les au cours de session annuelle de formation, les frais étant alors pris en charge par les départements qui alloue un budget de 1 800 francs par an pour l’entretien de 2 élèves sages-femmes à la Maternité de Paris.

La question de la présence des sages-femmes dans les communes se posent également pour le Morbihan et c’est d’abord une initiative privée qui vient y répondre. Des cours d’accouchement sont proposés dès l’an IX mais il faut attendre 1813 pour que la formation soit institutionnalisée. Le Docteur Sauvée propose ainsi des sessions de 3 mois de formation qui se déroule à Lorient. 7 ans plus tard, en 1820, c’est une école d’accouchement qui ouvre officiellement à Lorient sous l’impulsion du Docteur Lestrohan avec le soutien des autorités locales. Cette école, située rue de Bourbon (aujourd’hui rue du Maréchal Ferdinand Foch), dispense une formation de 9 mois au femmes de 17 à 36 ans comprenant la théorie et la pratique des accouchements, la vaccination, la saignée et la connaissance des plantes utiles aux femmes enceintes. À l’issue de ces cours, les élèves reçoivent un certificat de capacité qui leur permet d’exercer dans leur commune mais elles doivent par ailleurs passer devant un jury médical pour être définitivement reçues dans leur profession.