La campagne thonière est une pêche estivale se pratiquant durant une centaine de jours, entre juin et octobre, principalement dans le Golfe de Gascogne.
À l’origine, les pêcheurs utilisent de simples chaloupes pontées. Les dundées apparaissent à Groix vers 1883 ; ce sont des bateaux rapides et solides dont l’utilisation s’étend jusqu’au début du XXe siècle. Ils sont armés le reste de l’année au cabotage ou à la grande drague.

Les équipages, composés en moyenne de six à sept hommes, pêchent seulement le jour, durant une à trois semaines, et jusqu’à 600 thons par marée. Pendant le temps de la pêche, le poisson est conservé suspendu sur des chevalets en bois sur le pont du bateau. À partir de 1933, des installations frigorifiques apparaissent. Favorisées par l’attribution de primes, elles se généralisent dans les années 1950.
À Groix, la pêche au thon vit son âge d’or dans les années 1880. L’île devient quartier maritime en 1882 et le reste jusqu’en 1927. En 1910, Groix compte près de 269 dundées qui embarquent plus de 1 600 pêcheurs. Puis, l’île est progressivement supplantée par Étel qui recense environ 200 thoniers vers 1935. Ce port est quartier maritime de 1947 à 1968.
Après la seconde guerre mondiale, la motorisation des bateaux se développe. En 1953, à Étel, 53 thoniers sont motorisés contre deux en 1935. Les dundées sont progressivement remplacés par des chalutiers.
Le déclin de cette pêche est radical à Groix dans les années 1950. Celui-ci se généralise à l’ensemble du département dans les années 1960 et 1970. En 1975, seuls trente-six navires morbihannais participent à la pêche au thon. Quelques bateaux se convertissent à la pêche à l’albacore dans les eaux africaines.



![Bateaux pêchant le thon. [Début XXe siècle]. Archives départementales du Morbihan, 9 Fi Groix](/fileadmin/_processed_/8/9/csm_FRAD056_09FI_069_0009_001_14b63cc076.jpg)
