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Générations Héros 2025-2026 : c’est parti !

Au titre de sa politique de mémoire, le Département du Morbihan, en collaboration étroite avec la Préfecture, s’attache à valoriser et faire vivre la mémoire des combattants et combattantes auprès des collégiens. Pour cette nouvelle édition de Générations Héros, six figures marquantes du maquis de Saint-Marcel, haut-lieu de la Résistance bretonne, sont mises à l’honneur.

Cérémonie d'hommage et restitution

29 mai 2026

Après une matinée d’hommage au Musée de la Résistance en Bretagne, la restitution de la troisième édition de Générations Héros s’est tenue au Petit Théâtre de Sérent, marquant l’aboutissement d’une année de travail menée par près de 150 élèves de troisième issus de six collèges du Morbihan.

Les élèves ont rendu un vibrant hommage à 6 figures marquantes du maquis de Saint-Marcel lors d’une cérémonie patriotique officielle. Devant les élus, les partenaires et les familles, ils sont devenus de véritables passeurs d’Histoire en présentant leurs créations artistiques (slam, théâtre, radio-fiction, etc.).

Un grand bravo aux collégiens engagés cette année, pour l’incarnation de leurs résistants respectifs :

  •  Collège Saint-Joseph (Questembert) — Suzanne Bouvard-Latapie
  • Collège Jean-Loup Chrétien (Questembert) — André Gondet
  • Collège Yves Coppens (Malestroit) — Émile Morel
  • Collège Sacré-Cœur (Ploërmel) — Mère Yvonne-Aimée
  • Collège Sainte-Marguerite (Josselin) — René Le Touzic
  • Collège Eugène Guillevic (Saint-Jean-Brévelay) — Armande Morizur

On peut également souligner l’initiative remarquable des élèves du collège de Josselin, qui dans ce cadre ont écrit à la Ministre des Armées pour demander l’attribution de la médaille de la Résistance française à titre posthume pour René Le Touzic.

Le devoir de mémoire perdure ainsi à travers l’engagement et les créations artistiques des élèves de cette 3e édition.

Conférence de presse

14 novembre 2025

Le lancement officiel s’est tenu ce 14 novembre aux Archives départementales, en présence de David Lappartient, Président du Département, de Ronan Le Page, Directeur de cabinet du Préfet, d’élus départementaux et de nos partenaires mobilisés.

Cap cette année sur un haut-lieu de la Résistance bretonne : le Maquis de Saint-Marcel, avec une édition qui met à égalité résistantes et résistants. ✨

Cette édition rend en effet hommage à six figures emblématiques du Maquis de Saint-Marcel :  Suzanne Bouvard-Latapie, André Gondet, Mère Yvonne-Aimée, Armande Morizur, Émile Morel et René Le Touzic.

📘 149 élèves de 3ᵉ, issus de 6 collèges, participent cette année :

  • Collège Saint-Joseph de Questembert
  • Collège Jean-Loup Chrétien de Questembert
  • Collège Yves Coppens de Malestroit
  • Collège Sacré-Cœur de Ploërmel
  • Collège Sainte-Marguerite de Josselin
  • Collège Eugène Guillevic de Saint-Jean-Brévelay

🎨 Au programme :

  • Enquêtes historiques
  • Découverte des Archives
  • Ateliers artistiques
  • Création d’une œuvre mémorielle
  • Restitution publique en mai 2026

Le Département du Morbihan et les services de l’État réaffirment leur engagement : transmettre et honorer la mémoire de celles et ceux qui ont combattu pour la liberté.

Suzanne BOUVARD

Suzanne BOUVARD est une enfant de la commune de Saint-Marcel. Dans le manoir familial où elle réside, cette fille de colonel se forme au métier d’infirmière.

Au printemps 1944, la demeure familiale se retrouve au cœur du maquis de Saint-Marcel. Suzanne est âgée alors de 25 ans. Son engagement est immédiat : elle accueille, soigne de nombreux maquisards au sein du domicile familial.

Au lendemain de la bataille de Saint-Marcel du 18 juin 1944, Suzanne est arrêtée avec sa cousine Annic PHILOUZE. Interrogée par la Gestapo, Suzanne est ensuite déportée de camp en camp. Fin juillet 1944, elle est internée à Ravensbrück avec sa cousine.

Malgré les conditions de vie épouvantables, elle résiste. En janvier 1945, alors que la débâcle frappe l’armée allemande, Suzanne subit les marches de la mort qui la conduisent du camp de Neu Rohlau au camp de Theresienstadt situés en actuelle République Tchèque.

Le camp est libéré par les Russes le 5 mai 1945. Très affaiblie, elle est dans l’incapacité de marcher. Après des soins, Suzanne rentre enfin à Saint-Marcel mi-juillet 1945 où tout n’est que désolation et ruines. Profondément transformée, elle s’engage dans l’agriculture et crée un verger sur les terres familiales, le premier en agriculture biologique du Morbihan en 1950. Peu de temps après, Suzanne, âgée alors de 37 ans, croise le chemin de Pierre LATAPIE avec qui elle fonde une famille de 4 enfants.

Honorée à de multiples reprises, Suzanne BOUVARD-LATAPIE s’implique jusqu’à la fin de sa vie pour sa commune notamment en tant qu’élue. Dynamique et pédagogue, elle conservera toujours la volonté et le courage de transmettre aux plus jeunes la mémoire des horreurs nazies. Suzanne décède le 23 octobre 1992, à l’âge de 74 ans.

André GONDET

André GONDET grandit dans une ferme dans la campagne environnante de Saint-Marcel. Il est âgé de 19 ans quand le Morbihan est occupé par l’armée allemande. Deux ans plus tard, il est réquisitionné et conduit dans une fonderie près de Karlsruhe en Allemagne où il restera une année entière.

À la faveur d’une permission, il revient sur ses terres natales qu’il refuse de quitter à la fin de son séjour. Il entre alors en clandestinité le 20 décembre 1943 sous une nouvelle identité Jean LE BOHAL, référence à sa commune de naissance. Le 1er juin 1944, il rejoint la 7e compagnie du 8e bataillon FFI. Dans le bocage de son enfance, la nuit, il réceptionne les nombreux parachutistes et les conduit au quartier général du maquis de Saint-Marcel.

Lors de l’attaque du 18 juin 1944, André et les autres maquisards ripostent aux assauts de l’armée allemande. Lors du repli général, il se réfugie avec 14 autres résistants dans la ferme de Kérihuel à Plumelec, à 25 kilomètres de Saint-Marcel.

La traque sanguinaire menée par les Allemands, aidés des miliciens français s’achève à l’aube du 12 juillet suivant. La ferme est attaquée par surprise. André et ses 14 camarades sont capturés et exécutés sur place ainsi que les trois agriculteurs de la ferme. Il avait alors 23 ans.

En 2018, la journaliste Stéphanie TROUILLARD publie son enquête dans le livre : « Mon oncle de l’ombre ». Il raconte le parcours de ce jeune maquisard dont elle est la petite nièce et les circonstances du drame de Kérihuel. Au nom de sa famille, elle lui obtiendra la remise, à titre posthume, de la médaille de la Résistance.

ÉMILE MOREL

Émile MOREL naît en 1913, à Malestroit. Devenu monteur électricien, il s’installe à Saint-Marcel, un village voisin. Lorsque la seconde guerre mondiale éclate en septembre 1939, Émile, alors âgé de 26 ans, est mobilisé et envoyé au front. Comme beaucoup d’autres soldats français, il subit la débâcle de juin 1940, au cours de laquelle il est fait prisonnier par l’armée allemande. Refusant la captivité, il parvient à s’évader et à rejoindre la zone libre, où il reste caché jusqu’en novembre 1942.

À cette date, l’occupation allemande s’étend à tout le territoire. Émile décide alors de rentrer en Bretagne, dans son village de Saint-Marcel, tout en entrant dans la clandestinité. Militaire expérimenté, il apprend aux jeunes gens les rudiments des combats et le maniement des armes. En juin 1944, il participe activement aux combats de Saint-Marcel, avant de se replier dans un village de la commune, en prenant soin de dissimuler des armes dans des caches secrètes.

Mais la trahison le rattrape : dénoncé, il est arrêté, puis torturé par les Allemands. Transféré d’abord à Vannes, il est ensuite conduit au fort de Penthièvre, à Saint-Pierre-Quiberon. Torturé à nouveau, il est exécuté par les pelotons d’exécution formés de SS le lendemain de son anniversaire, le 13 juillet 1944. Il avait alors 31 ans.

MÈRE YVONNE-AIMÉE

Yvonne BEAUVAIS grandit en Mayenne. Entrée en religion à 26 ans, elle rejoint les Augustines de Malestroit en 1927. Par ses initiatives, elle est le fer de lance d’une clinique moderne remplaçant le dispositif de soins vétuste de la communauté religieuse.

Huit ans seulement après son arrivée, élue par ses paires, sœur Yvonne-Aimée devient la mère supérieure du monastère et prend la direction de la clinique. Lors de la seconde guerre mondiale, l’établissement soigne indifféremment soldats français ou allemands.

À l’été 1944, Mère Yvonne-Aimée soigne les maquisards, les parachutistes et les combattants, alliés suite à la bataille de Saint-Marcel, sous le nez des occupants. En effet, les soldats allemands blessés sont installés à un autre étage de la clinique. Lors d’une perquisition du lieu par 200 soldats allemands, elle fait revêtir l’habit des Augustines à deux parachutistes SAS blessés pour les exfiltrer. Plus de 100 parachutistes, aviateurs et maquisards sont sauvés au sein de la clinique pendant la guerre. Sa bravoure et son dévouement lui valent de nombreuses distinctions honorifiques dont une lui est remise en mains propres par le Général de Gaulle.

Morbihannaise d’adoption, le monastère reste son foyer après la guerre jusqu’à son décès brutal en 1951 à l’aube de la cinquantaine.

RENÉ LE TOUZIC

René LE TOUZIC, originaire de Damgan, s’engage à 20 ans dans la Marine nationale. Suite à la débâcle de l’armée française, le militaire, désormais sans affectation rentre dans le Morbihan.

En février 1943, il laisse derrière lui sa femme, épousée un an plus tôt, pour rejoindre l’Angleterre afin de rallier les Forces Françaises Libres. Engagé dans les Forces Aériennes Françaises Libres, René suit une formation militaire très exigeante pendant un an, apprenant le parachutisme et le maniement d’armes modernes utilisées par les commandos alliés.

Caporal-chef aguerri au 4e SAS, unité placée sous le commandement de Bourgoin, il est parachuté le 10 juin 1944 dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor aujourd’hui) dans le but de former et d’encadrer les maquis bretons. Il participe aux combats de Saint-Marcel.

Le 10 juillet 1944, lors d’un brief avec son commandant, René se retrouve piégé sur le lieu de rendez-vous par des miliciens français collaborant avec les Allemands. Capturé, il est amené à la clinique Saint-Martin à Josselin, devenue un centre de détention, de torture et d’interrogatoire. Lors du repli des Allemands vers la forteresse de Lorient, il est exécuté avec six autres prisonniers le 3 août 1944. Il avait alors 27 ans.

ARMANDE MORIZUR

Armande RIO grandit au Roc-Saint-André. Elle suit les traces de son père, postier de profession et devient guichetière à la poste de Plumelec, où elle réside avec son mari Eugène MORIZUR. En 1942, elle quitte son emploi et s’engage un an plus tard dans la Résistance.

Agente de liaison, elle aide notamment en juin 1944 les parachutistes SAS arrivés dans les Côtes-du-Nord à rejoindre leurs camarades dans le Morbihan.

Après la bataille de Saint-Marcel, les forces allemandes mènent une féroce répression dans la région. Le 27 juin, les occupants encerclent ainsi le bourg de Plumelec et procèdent à une vingtaine d’arrestations dont Armande et son beau-père. Amenée dans les locaux de l’école Notre-Dame de Saint-Jean-Brévelay pour y être interrogée, elle subit d’atroces tortures mais ne parle pas. Elle décède la nuit suivante de son arrestation.

Quinze jours plus tard, son mari, commandant de compagnie FFI, est exécuté par la Milice sans connaître le sort de sa femme. La dépouille d’Armande n’est retrouvée qu’à la fin du mois de juillet. Elle meurt à 35 ans.

L’été 1944 est particulièrement cruel pour Marie-Julienne SAMSON, belle-mère d’Armande. Elle perd coup sur coup son mari, son plus jeune fils Eugène, Armande, deux neveux et un petit-fils, tous engagés dans la Résistance.