Une exposition portée par deux Départements jumelés
L’exposition Des rives aux cimes est une initiative des Départements du Morbihan et de la Haute-Savoie. Elle s’inscrit dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie, une célébration nationale organisée par le ministère de la Culture de septembre 2026 à septembre 2027, qui rassemble des centaines d’événements consacrés à la photographie à travers la France et à l’international.
Au-delà de sa dimension culturelle, cette exposition témoigne du partenariat qui unit les deux Départements. Près de 900 kilomètres séparent le Morbihan de la Haute-Savoie. Cette distance n’a pourtant pas empêché les deux Départements de nouer un partenariat fondé sur de nombreuses similitudes : des collectivités de taille similaire, une économie fondée sur le tourisme, l’industrie et l’agriculture, ainsi que des enjeux communs liés à l’attractivité touristique, ou encore à la ruralité.
Ce jumelage se concrétise par plusieurs projets menés conjointement, les deux Conseils département aux prévoient notamment des rencontres entre établissements scolaires afin de favoriser les échanges entre les deux territoires.
C’est dans cette dynamique de coopération qu’est née cette initiative culturelle, portée par les services des Archives départementales du Morbihan et de la Haute-Savoie.
À l’occasion du Bicentenaire de l’invention de la photographie, les Départements jumelés proposent ainsi une invitation à remonter le temps en images.
Depuis deux siècles, les photographies témoignent de l’évolution des territoires à travers leurs patrimoines naturels et culturels, leurs traditions et leurs habitants. L’exposition Des rives aux cimes est présentée sur les grilles des enceintes des deux Départements.
Elle réunit une vingtaine de photographies issues des collections des deux territoires et retrace l’histoire de la photographie à travers l’évolution des techniques et la diversité des sujets abordés.

Les collections photographiques en dialogue
Des sommets alpins aux rives de l’océan Atlantique, le parcours invite le public à découvrir deux territoires aux identités fortes, réunis par une même volonté de transmettre leur mémoire photographique. Au-delà du voyage entre les deux Départements, cette exposition met en lumière la richesse et la diversité des collections photographiques conservées par les services des Archives départementales.
Elle permet aussi de découvrir l’évolution de la photographie au fil de deux siècles : procédés, techniques, supports et usages.
L’exposition présente une grande diversité de procédés et de supports originaux. Afin de respecter la matérialité et l’intégrité historique de ce patrimoine, aucun visuel n’a été recadré, dépoussiéré numériquement ou rehaussé en contraste. Chaque photographie est présentée dans son état de conservation authentique, avec sa patine, ses éventuels accidents et les contours bruts de sa prise de vue originelle.
L’exposition présente des photographies autour de quatre thématiques : “Une nature grandiose”, “Des hommes et des traditions”, “Terres de bâtisseurs” et “Deux destinations touristiques”. Elle invite ainsi à découvrir le patrimoine bâti et culturel, les traditions, ainsi que les richesses naturelles et touristiques des deux départements.
Morbihan et Haute-Savoie : Une nature grandiose
Le patrimoine naturel ouvre l’exposition sur deux paysages emblématiques des Départements jumelés : les sommets de la Haute-Savoie et le littoral du Morbihan. Ce premier ensemble de photographies accueille le visiteur et souligne combien ces espaces, bien que très différents, façonnent l’identité de leurs territoires et participent depuis longtemps à leur attractivité touristique.
La photographie de “ l’Excursion à la mer de Glace à Chamonix-Mont-Blanc” témoigne de l’essor du tourisme alpin au début du 20e siècle. Grâce au chemin de fer du Montenvers, les visiteurs accèdent plus facilement à ce site spectaculaire, devenu une destination incontournable pour admirer le glacier et découvrir la célèbre grotte de glace.
En regard, “ l’Excursion sur la côte sauvage de Quiberon ” illustre l’attrait du littoral morbihannais à cette même période. Les paysages maritimes, façonnés par les vents et les vagues, offrent un fort contraste avec les reliefs alpins.

Morbihan et Haute-Savoie :
Des hommes et des traductions
Le patrimoine ethnologique met en lumière les pratiques, les savoir-faire et les traditions qui façonnent l’identité des territoires. À travers ces photographies, l’exposition explore un élément commun aux deux Départements : la musique traditionnelle, véritable marqueur des cultures locales.
En Haute-Savoie, sur le cliché “Concert de cors des Alpes”, on retrouve le cor, instrument de musique à vent emblématique des régions alpines. Autrefois utilisé par les bergers pour communiquer d’un alpage à l’autre, il est fabriqué en bois de pin ou d’épicéa, et peut mesurer plus de trois mètres de long. Aujourd’hui, il demeure un symbole fort du patrimoine culturel alpin et continue d’être joué lors de manifestations et de festivals.
Du côté morbihannais, la photographie d’un “Couple de sonneurs bombarde-biniou du pays de Vannes” illustre l’une des traditions musicales les plus représentatives de la Basse-Bretagne. Le biniou koz et la bombarde accompagnent depuis plusieurs siècles les fêtes et les rassemblements populaires. Toujours vivante aujourd’hui, cette pratique occupe une place essentielle dans les concours de musique traditionnelle et les festoù-noz.

Morbihan et Haute-Savoie :
Terres de bâtisseurs
Cette thématique met en lumière le territoire façonné par ses habitants. L’exposition montre comment certains bâtiments incarnent encore aujourd’hui les activités qui ont forgé l’identité locale et qui ont contribué au développement économique de ces deux territoires. Qu’ils soient liés à l’industrie horlogère ou au commerce maritime, ces bâtiments racontent une histoire commune : celle d’un patrimoine architectural au service de l’identité et de la mémoire locales.
Deux photographies, parmi de nombreuses autres, sont à découvrir dans l’exposition numérique, sur cette thématique. En Haute-Savoie, la photographie de “l’École nationale d’horlogerie de Cluses”, fondée en 1848, illustre l’importance de la formation dans le développement industriel de la vallée de l’Arve. Créée pour former les futurs horlogers, l’école accompagne l’essor de cette activité avant d’élargir son enseignement à la micromécanique, en lien avec le développement du décolletage. Ce bâtiment témoigne ainsi du savoir-faire industriel qui a durablement marqué le territoire.
En Morbihan, la photographie du quai des Indes à Lorient met en valeur un ensemble architectural hérité de l’essor maritime de la ville. Les hôtels particuliers construits par les riches négociants au 18ᵉ siècle, la Tour de la Découverte et les bâtiments de l’ancien Arsenal rappellent le rôle majeur de Lorient comme siège de la Compagnie des Indes orientales, puis comme port stratégique de la Marine.
Ces édifices constituent aujourd’hui les témoins d’un passé commercial et militaire qui a profondément façonné la ville.

Morbihan et Haute-Savoie :
Deux destinations touristiques
Le tourisme met en lumière l’évolution des pratiques de découverte des territoires et les moyens mis en œuvre pour accueillir les voyageurs. Parmi les Départements les plus visités de France, le Morbihan et la Haute-Savoie partagent une longue histoire touristique, fondée sur l’attractivité de leurs paysages, entre littoral et montagne. Ces photographies témoignent des premières formes de mobilité touristique et des aménagements : elles sont le reflet des moyens de l’époque et des évolutions qui ont contribué à façonner le tourisme d’aujourd’hui.
Parmi les nombreuses photographies consacrées au tourisme, ces deux clichés sont à découvrir dans l’exposition numérique.
En Haute-Savoie, la photographie illustre les débuts du tourisme de montagne au début du 20ᵉ siècle, lorsque les voyageurs découvrent les paysages alpins à travers des chemins encore peu aménagés, comme “l’ascension au Brévent”. Pour parcourir les alpages, des ânes ou des mulets étaient utilisés car ils étaient adaptés aux contraintes du relief. Cette pratique témoigne d’un tourisme encore intimement lié aux populations et aux ressources du territoire.
En Morbihan, la photographie de “l’embarcadère de Le Palais à Belle-Île” témoigne du développement du tourisme maritime et de l’ouverture progressive de l’île aux visiteurs. Situé face au continent, le port du Palais était le principal point de liaison entre BelleÎle et la côte bretonne. À partir de 1850, les bateaux à vapeur assurent une escale à Belle-Île, mais sans entrer au port : le débarquement se fait en chaloupe. Ce n’est qu’avec la construction de l’avant-port de Le Palais en 1890, que les traversées s’affranchissent enfin des marées pour s’effectuer à heures fixes : les voyageurs peuvent désormais rejoindre plus facilement l’île, avant l’arrivée de liaisons régulières
FOCUS SUR : Les fonds photographiques des Archives Départementales du Morbihan
Cette exposition n’aurait pas été possible sans les riches collections conservées par les Archives départementales de la HauteSavoie et du Morbihan.
Les Archives départementales du Morbihan conservent un important patrimoine iconographique. Ces collections offrent un regard unique sur le territoire morbihannais et ses habitants.
À côté des images entrées par versement administratif (État et collectivités, principalement), les Archives départementales enrichissent aussi leurs collections grâce aux dons et aux achats. Ce mode d’acquisition s’est développé dès le début du 20e siècle, puis plus fortement à partir des années 1970. Chaque année, de nouvelles photographies, réalisées par des professionnels comme par des amateurs, viennent ainsi compléter les fonds.
Ces photographies sont conservées dans deux grandes séries d’archives.
La série Fi, consacrée aux documents figurés (photographies, cartes postales, affiches, gravures, dessins, etc.), rassemble près de 90 000 pièces, dont environ un tiers de cartes postales.
La série J réunit les fonds privés, c’est-à-dire les archives confiées par des particuliers, des associations ou des entreprises.
L’ensemble couvre plus de 160 ans d’histoire de la photographie, de 1853-1854 à 2019. La plus ancienne vue connue du Morbihan est un calotype, procédé produisant un négatif sur papier pour sortir plusieurs tirages, qui montre une goélette au quai des Indes à Lorient vers 1855-1860.
Les collections illustrent aussi l’évolution des procédés photographiques. Elles conservent des daguerréotypes, des tirages sur papier albuminé, des plaques de verre servant de support aux négatifs, en format simple (monoscopique) ou en double image pour la vision en relief (stéréoscopique), des films plastiques, des diapositives destinées à la projection, des tirages papier et des cartes postales.
Les photographies montrent avant tout le Morbihan. Elles représentent ses habitants, leurs costumes, leurs métiers, ses paysages ainsi que son patrimoine architectural et culturel. Certaines témoignent aussi de voyages plus lointains. Elles ont été rapportées par des Morbihannais voyageurs ou émigrés.
Pour assurer leur conservation, les photographies sont dépoussiérées puis placées dans des pochettes et des boîtes fabriquées avec des matériaux chimiquement neutres, qui ne dégradent pas les images au fil du temps. Elles sont protégées de la lumière et conservées dans des magasins d’archives où la température et l’humidité sont maintenues à des niveaux stables.
Le service mène également des campagnes régulières de numérisation, c’est-à-dire de création de copies numériques de haute qualité. Ces reproductions permettent de préserver les originaux en limitant leur manipulation et de diffuser plus largement les images grâce à leur mise en ligne sur le site Internet.
